Les e-cours, les Learning centers, le e-learning et blended learning, ces différents aspects de la formation en ligne faisaient l’objet de récentes rencontres professionnelles.
Quels droits pour un enseignement en ligne ?
C’était le thème du dernier « 5 à 7 » co-organisé par l’ADBS et Sciences Po[1], le 12 mai dernier. Les ambitions de Sciences Po avec la mise en ligne de cours, de vidéos, de plans de cours, de bibliographies, de signets… est de faciliter l’apprentissage des élèves…et pourquoi pas de diffuser plus tard vers l’extérieur.
Se posent alors les problèmes des droits sur les cours, sur les videos et podcasts, sur les textes cités et reproduits, sur les films éventuellement retransmis, sur la constitution de la liste des élèves, sur le statut de l’assistant à la création du cours…. S’y rajoutent des interrogations sur les compilations des notes prises par les étudiants dans les espaces collaboratifs pour créer des fiches de révision, le droit à l’image de l’étudiant filmé posant des questions pendant le cours, voire développant une idée originale et pertinente en réponse à une question posée.
Les explications pleines d’humour pour tenter de ne pas « avoir peur de son ombre », de déterminer ce qui est licite et d’interpréter correctement « l’exception pédagogique » m’ont laissé une impression de malaise. C’est un chantier sur un terrain mouvant où il semble que « Tout ce qui n’est pas permis est interdit ». C’est un constat plutôt inquiétant, en attendant l’évolution du droit qui ne peut être que le résultat de rapports de forces, d’éventuels procès, et d’interprétations de textes pas toujours explicites. Le droit à la connaissance, avec les nouvelles techniques de diffusion est donc (un) (en)-jeu.
La création de « Learning centers »
La journée organisée par Mediadix « Créer un Learning centre : Pourquoi, comment ? » ce 26 mai présentait plus largement ces nouveaux centres d’apprentissage et les divers aspects des projets de création.
Ces lieux d’apprentissage englobent la bibliothèque universitaire et répondent à de nombreuses missions pour devenir le cœur de la vie universitaire et sociale : apprentissage classique ou utilisant les NTIC et ressources accessibles à distance, échanges entre enseignants étudiants chercheurs bibliothécaires, travail collaboratif,... mais aussi services (cafétéria, retrait d’argent, services sociaux), lieu de rencontres et de loisirs. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ces grands projets : la révolution numérique, les pratiques des étudiants « digital native» et les nouvelles pratiques pédagogiques (teaching, learning, training) visant à l’autonomie des étudiants, la massification et la mondialisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, le développement des réseaux sociaux….
Bâtis autour d’un guichet unique dans un lieu accessible et emblématique, ces projets comprennent divers aspects :
- architectural pour organiser l’espace (acoustique, modularité, mobilier, connectique…) restructurer et réaménager les bibliothèques
- pédagogique, documentaire et informationnel amenant à travailler différemment bibliothécaires, enseignants, chercheurs,
- création de services nécessitant de redéfinir les amplitudes horaires, le circuit des documents, l’informatisation des prêts.
- informatique, bien évidemment.
Le projet de création d’un Learning Centre à Nanterre était donc l’occasion de présenter des exemples à l’étranger[2] et en France [3](ESSEC) ainsi que les partenaires institutionnels et naturels et le pilotage de ce type de projets.
Les rencontres du e-learning et de la formation mixte
Autre angle de vue sur la formation et ses enjeux, développé les 24 et 25 mai : celui des entreprises. Ces rencontres payantes dont je me suis contentée d’analyser le programme, traitaient de la formation en entreprise, du management, des outils, de la prise en charge financière et de l’utilisation de ces méthodes tant auprès des employés que des clients.
Conclusions, toute personnelles
Évolution, innovation, et peut-être création d'emplois qualifiés. Mais quid de la fracture numérique, de la fracture générationnelle, des ressources naturelles, des ressources documentaires, et de leur tri ?
Monsieur Gutenberg, qu'en pensez-vous ? Nous publierons votre réponse prochainement.
G.Lu
1er juin 2010
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